Amateurisme de début de saison : La traversée des Aiguilles du Diable

Après deux Mont Blanc consécutifs, fraîchement descendu du refuge du Goûter, je retrouve Louis pour une course "en amateur", termes dont j'avais quasiment oublié la signification. 

Nous voilà donc dans la dernière benne de l'Aiguille du midi, pour aller faire un tour le lendemain dans le coin des aiguilles du Diable. Pour commencer nous rejoignons le refuge des Cosmiques pour une courte nuit.

En effet, la canicule et mon envie de rentrer "pas trop tard " dans les Hautes Alpes nous incitent à régler le réveil douloureusement pour 1h00 du matin.

A 1h30 donc, un bon goût de nescafé en bouche, nous nous élançons dans la nuit noire pour la très célèbre TVB (traversée de la vallée blanche pour les non chamoniard qui ont encore le temps de prononcer les mots en entier), puis nous bifurquons dans la combe maudite pour finalement, en son fond y remonter un couloir trop à gauche du vrai départ. Rapidement conscients de notre erreur nous desescaladons et retrouvons le bon couloir à remonter jusqu'au Col du Diable.

Le jour se lève et une incroyable mer de nuage s'offre à nos yeux endormis au sommet de la corne du Diable. A partir de là c'est une succession de beau pas d'escalade bien chamoniards (c'est à dire athlétique sur du beau granit et dans de belles fissures franches), de sommets très pointus et de rappels bien verticaux jusqu'au sommet de l'Isolée: la dernière pointe avant le sommet du Mont Blanc du Tacul.

De là, encore un rappel pour rejoindre la dernière brèche et il ne nous reste plus qu'à crapahuter jusqu'au sommet. L'absence quasi total de neige laisse place à un terrain très mouvant constitué de sable et de blocs instables de différentes tailles. Nous évoluons rapidement mais quand même concentrés dans ce terrain où l'on ne sait jamais si le bloc que l'on a sous le pied va choisir de nous percevoir comme un félin agile ou un éléphant boiteux...

Arrivés au sommet, nous entamons la descente, et Louis dans un élan de désespoir, offre son piolet au dieu de la montagne en le faisant tombé dans la rimaye et s'écriant "par Toutatis, faites que ce p... d'été s'humidifie et se refroidisse un tant soit peu!!!

Finalement, malgré tout ce que l'on entend, la pente du Tacul n'est pas si raide puisque ça passe sans piolet. Je conseille malgré tout d'en prendre un si vous vous baladez par là-bas.

 

Sous le sommet de la Corne du Diable

rappel du sommet de la pointe Chaubert

En route pour la pointe Médiane

Entre les pointes Médiane et Carmen

Chûte de pierres au petit matin

Louis à la pointe Carmen

Vue sur l'Isolée

sommet de l'Isolée

Sommet du Tacul

Tranquille sous les séracs