Petit retour en arrière sur l’hiver 2015-2016

J'ai été bien occupé cet hiver entre la formation à l'ENSA, les journées de tutorat et la création de ce magnifique site internet (et je pèse mes mots). Bref, le printemps est là et c'est pour moi le moment de faire une rétrospective sur les petites réalisations des mois précédents. 

 

 

2ème longueur :couplage bois/pitons

2ème longueur :couplage bois/pitons

3ème longueur : ça pendouille comme il faut...

3ème longueur : ça pendouille comme il faut...

Louis déséquipe la 3ème longueur: en bas on voit le sac qui attend son tour

Louis déséquipe la 3ème longueur: en bas on voit le sac qui attend son tour

On voit le grimpeur, mais où est l'assureur ?

On voit le grimpeur, mais où est l'assureur ?

Une belle longueur de bon matin

Une belle longueur de bon matin

Le voyage de la Mandarine.

Cela fait bien longtemps que j'avais envie de faire cette voie mythique du Verdon. Il y a peu "d'artifeurs" dans mon entourage, et je ne suis moi-même pas un grand fan de ce style d'escalade. Cependant, c'est quand même sympa de passer un peu de temps en paroi, avec une bonne quantité de vivres et plein de bières ! L'artif c'est pour moi une sorte de camping itinérant à la verticale, où le confort du bivouac fait partie des priorités. Mais l'artif c'est aussi une manière de gravir des lignes magnifiques là où il n'y a pas de prises pour passer en libre. Le voyage de la Mandarine, sans être une voie d'artif extrême, reste soutenue dans un style de progression assez "technologique". Je m'explique : il y a relativement peu de longueurs en fissure, il faut louvoyer, chercher de petites lunules, et ne pas hésiter à coupler les pitons à grand renfort de cales de bois. Avis aux suivants : ne lésinez pas sur la quantité de bouts de bois de toutes tailles à prendre avec vous : une fois dans la voie c'est trop tard pour s'improviser sculpteur...

Louis m'avait donné rendez vous au supermarché de Vinon, histoire de faire des courses abondantes pour notre petite excursion. On arrive finalement en fin d'aprés midi à La Palud, on passe faire une bise à Céline, puis c'est parti pour une heure de préparation de sacs à la frontale sur le parking. Pour terminer la soirée on va manger une assiette de pâtes chez Graou (c'est un pléonasme). Passer chez Bruno la veille de partir faire de l'artif c'est aussi accepter  d'être sujet à des collibets durant toute la soirée : le personnage a du mal à concevoir l'artif même s'il passe sa vie à en faire pour équiper ses projets; c'est un grand maître du crochet goutte d'eau...Il accepte malgré tout de nous prêter une corde à laisser au rappel de Heure Zéro ce qui représente un gain de temps précieux pour nous. Eh oui début décembre les jours sont courts et on prévoit de grimper sans fixer de longueurs, en allant d'un bivouac à l'autre.

On finit donc par aller dormir au parking de Sordidon. La nuit est fraîche sur le plateau. Le réveil sonne relativement tôt, et c'est dans une brume matinale épaisse que je mouline Louis et le sac jusqu'au jardin. Puis c'est la descente raide jusqu'au dernier rappel dans L1 de la Fête des Nerfs. 

On attaque finalement à grimper aux alentours de 9h. Il faut en premier gravir la beaume de l'Escales par 4 longueurs dont 3 très déversantes. Dès le début il faut ruser et coupler bois et pitons dans des trous aussi foireux que peu profonds. La journée se passe tranquillement, au quatrième relais on se dit qu'il est temps de hisser la patate laissée au sol : Louis se met au boulot pour 100 mètres de hissage. Pendant ce temps je grimpe la cinquième longueur dans laquelle je fais l'erreur de vouloir faire du libre. Ouf le relais tant attendu est là. Hissage de sac en mode énervé, il fait bientôt nuit et le bivouac se trouve 15 mètres plus haut, au-dessus d'un bombé en A1. Le temps que Louis finisse de déséquiper je grimpe la mini longueur. Finalement nous atteignons le bivouac 8h après avoir quitté le sol. 

On s'endort tard, le ventre bien plein et tellement bien installés sur cette vire 4* !

2ème jour, on a juste 4 longueurs à grimper. C'est Louis qui attaque par une longueur de 45 m en A3 technologique. Je passe donc 3 heures supplémentaires sur la vire du bivouac à lézarder au soleil. La longueur qui suit est de même difficulté mais plus courte. Ensuite il y a LA longueur de libre de la voie en 6b+, ça fait bizarre. Puis une dernière petite longueur nous mène au second bivouac dans une magnifique grotte qui sert de maison aux Vautours le printemps et l'été : Il est interdit de grimper ici excepté en  automne et en hiver! L'ambiance au bivouac est démente, on n'a moins de place que la veille pour se dégourdir les jambes et on garde quand même une sangle autour du ventre pour dormir...

Dernier jour, il pleut mais la voie semble bien abritée. Il nous reste 3 longueurs à grimper plus une dernière bien végétale comme beaucoup de dernières longueurs de l'Escalès. 

Finalement c'est moi qui me mettrait le plus gros taquet de la voie dans la dernière longueur d'artif cotée A3/6a. Je commence dès le début par me faire une bonne frayeur sur crochet avec possibilité de retour sur la vire du relais, puis le bal continue en me croyant dans le 6a alors que je suis encore dans l'A3. Pour finir je me retrouve dans la merde de vautour pour aller au relais : j'en ai plein les chaussures et plein les mains, c'est dégueulasse. Heureusement la dernière longueur dans l'herbe mouillée me permettra un lavage de qualité. La nuit tombe, on est au sommet et bien content d'avoir vécu ce petit trip ensemble avec Louis. Un dernier portage jusqu'au camion et direction le garage de Céline pour un grand apéro/tri de matos/et un repas délicieux...Merci Céline!

Le topo camptocamp ici

On n'est pas bien là ?!

On n'est pas bien là ?!

Louis fait son lit - 2ème bivouac.

Louis fait son lit - 2ème bivouac.

Dernier jour sous la pluie

Dernier jour sous la pluie

déjà haut dans la goulotte au lever du jour

déjà haut dans la goulotte au lever du jour

On prend pied sur les pentes de sortie : surement là qu'ont glissé Brizzi et Berhault à l'ouverture...

On prend pied sur les pentes de sortie : surement là qu'ont glissé Brizzi et Berhault à l'ouverture...

Arrivée sur le glacier : contents

Arrivée sur le glacier : contents

En route pour le Coolidge : on n'ira pas au sommet cette fois-ci

En route pour le Coolidge : on n'ira pas au sommet cette fois-ci

Juste avant l'heure de pointe dans la goulotte Berhault

Un début d'hiver sans neige, une route ouverte jusqu'au prè de Madame Carle, des vacances scolaires : Tout le monde se précipite dans la goulotte Berhault aux 3 dents de Pelvoux. Avec Nico Matelot on est quand même bien motivés pour aller voir. Le plan est simple: être les premiers dans la voie. Pour cela on va se lever tôt quitte à tout grimper de nuit. C'est un peu dommage mais on trouve ça mieux que d'être coincés entre deux cordées...

Malgré tout on se dit que c'est bientôt Noel (on est le 22), que les gens commencent à être en famille, à faire les dernières courses dans les magasins. Que nenni, arrivés au parking à 2heures, une cordée est en train de faire dodo à même le sol, on essaie de ne pas les réveiller, non pas par politesse mais pour être surs de leur passer devant. Bien entendu on les réveille mais on est déjà sur le névé des militaires (ou ce qu'il en reste) quand nos deux campeurs se mettent en route.

Tout contents d'être les premiers on marche d'un bon pas en sifflotant gaiement quand soudain : enfer et damnation, ne serait-ce pas deux frontales qui scintillent au loin devant nous ! On trouvait ça bizarre aussi de croiser une voiture qui descendait d'Ailefroide à 1heure du mat un 22 décembre...Ces mecs là se sont faits déposer au parking ! Bien dégoûtés on accélère, et par chance là où le chemin se met à descendre, ils montent ! On se précipite dans la descente avant qu'ils ne se rendent compte de leur erreur. Eh oui, aujourd'hui tout est permis pour être le premier à pied d'oeuvre...Rapidement ils repèrent nos frontales dans la direction opposée à la leur, réalisent leur erreur et enquillent derrière nous, mais qu'importe, maintenant le doute n'est plus permis on est bien les premiers. Au départ de la voie on se prépare rapidement et j'attaque les premières longueurs, il faut faire un crochet à droite dans du rocher facile pour contourner un ressaut peu formé. Les premières difficultés passées, on remonte une longue pente de neige jusqu'à la goulotte proprement dite. Là on se pose un petit moment, les six cordées qui nous suivent sont loin en-dessous. Nico prend finalement le relais jusqu'aux pentes de neige finale où je repasserai devant.

Nous arrivons finalement peu avant midi au sommet du Coolidge, on se fait un petit picnic au soleil avant de continuer la descente jusqu'au parking du Sélé.

Une bien belle journée où il aura fallu malheureusement un peu se dépêcher et jouer des coudes pour pouvoir grimper tranquille. Le plateau du Pelvoux est toujours aussi beau.

Le topo c'est par ici

Un récit détaillé et passionnant d'un secours aux Trois dents du Pelvoux qui a eu lieu le 1er janvier 2016 par  .

 

au départ de la 3ème longueur

au départ de la 3ème longueur

Nico arrive au 2ème relais

Nico arrive au 2ème relais

Nico en action

Nico en action

Nil en action

Nil en action

La face sud des Bans à la tombée de la nuit.

La face sud des Bans à la tombée de la nuit.

En quête de solitude et de soleil après les fêtes

Après la goulotte Berhault et les fêtes de Noel, la neige n'est toujours pas là, Nico et Nil vont bientôt attaquer la prépa ski au CRET, moi l'Aspi 2 à l'ENSA et notre envie d'aller en montagne est encore présente. Ce coup-ci on va tenter d'être plus originaux que la dernière fois à la Berhault. Avec les conditions et les températures du moment pourquoi ne pas se faire une petite hivernale en caillou, au soleil et dans un coin où à coup sur il n'y aura personne.

La route des Bans est elle aussi ouverte, on part donc pour la voie Giraud en face sud des Bans. Les sacs sont lourds vu qu'on trimbale la tente et tout ce qu'il faut pour bivouaquer. On se dit qu'il est quand même plus malin d'aller dormir au pied du glacier plutôt qu'au refuge : ça raccourcira la journée du lendemain.

Passé le refuge la neige est tout de même bien présente, sans cohésion et posée sur les cailloux. On se met quand même une petite mission pour monter dormir vers 2700m. Partis relativement à la bourre, on finit la marche de nuit. La recherche d'un coin plat n'est pas aisée. Plutôt que de prospecter longtemps on préfère revoir notre définition du terme plat et en conclure que plat signifie simplement en pente mais pas trop. En parlant de plat, celui du jour est à base de semoule. la magie de cet aliment est qu'il est possible (mais pas conseillé) de le manger cru et de le faire cuire et gonfler une fois qu'on l'a ingurgité. C'est la cuisine à l'envers: tu mets tous les ingrédients dans ton ventre et la préparation se fait ensuite; c'est le concept du humanthermomix.

Bref on finit par se coucher, c'est là que je me dis que faire de la montagne avec des mecs qui mesurent entre 1.80 et 2 mètres avec les épaules qui vont avec y a mieux surtout quand c'est pour bivouaquer dans une petite tente. Heureusement la nuit sera plutôt courte.

On se fait toute l'approche de nuit, prendre pied sur le glacier se fait sans difficulté. La voie démarre par un petit coup de cul un peu raidos à froid et à la lueur de la frontale. Après la voie est une succession de belles longueurs où il faut louvoyer pour trouver son chemin, le rocher est bon mais compact et il faut grimper entre les protections. L'escalade est plutôt raide  tout du long et il faut être attentif à l'itinéraire pour ne pas se perdre même s'il existe finalement pas mal de variantes.

Du sommet la descente est super rapide par une arête sans difficulté jusqu'à une brèche. De là il faut désescalader une cinquantaine de mètres pour trouver un relais de rappel pour prendre pied sur le névé ovale. Du névé on rejoint le glacier par 2 rappels dans un couloir raide. Nico s'offrira une petite remontée de corde bonus pour aller décoincer la corde dans le dernier rappel. Après y a plus qu'à marcher et c'est quand même long de rejoindre la parking des Bans...

Au final, c'était super de faire cette voie dans ces conditions à cette époque de l'année (27 décembre) avec Nico et Nil. Chapeau bas bien sur aux ouvreurs, en particulier à Dédé Giraud : il faut se sentir de grimper sur ce gneiss en grosse (nous on a préféré les chaussons) et avec pour seules protections quelques pitons : il n'a pas du en planter beaucoup ce jour là.

Découvrez le topo ici

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